FRANCK LAROZE
Né le 3 janvier 1966 à Paris, Franck Laroze est dramaturge & metteur en scène, poète & performeur, essayiste & critique, artiste numérique, producteur de spectacles vivants & d'émission radiophonique.
Après avoir étudié le droit tout en étant DJ à la fin des années 80, puis voyagé à travers l'Europe & séjourné en Allemagne en tant qu'officier (OR VSL FFA), il commence à publier de la poésie puis des critiques littéraires dans les années 90 tout en travaillant dans l'édition & comme critique littéraire (Calamar, magazine Edelweiss). Afin d'explorer les différents modes d'expression émergeants de la post-modernité, il se tourne alors ensuite conjointement, à partir de 1998, vers le théâtre & la performance scénique avec des artistes numériques ainsi que vers les nouvelles technologies qu'il est l'un des premiers auteurs de sa génération à utiliser en littérature et dans le spectacle vivant.
Son travail interdisciplinaire de poète dramatique engagé (1), confrontant sa pratique de l’écriture aux nouvelles technologies appliquées au spectacle vivant, explore les enjeux biopolitiques du monde contemporain (2). Son écriture théâtrale entre poésie et liturgie (3) s’inscrit dans une recherche de « nouvelles textualités » et d’une écriture de plateau (4) propres au théâtre postdramatique.
l'auteur, metteur en scène & artiste multimédia
Tout poète est un terroriste de la pensée.
Ecrit en 1995 et publié en 1998, son texte Hunstvile, la honte du monde, inspiré de l'usage de la peine de mort aux USA puis adapté à diverses reprises au théâtre (sous le titre Huntsville, l'Ordre du monde), le fait connaître comme "poète politique". Suite à la lecture de son texte polémique Les Meutes (« Le Carreau » - Scène nationale de Forbach, 1998), il cofonde en 1999, avec le metteur en scène Georges Gagneré, la Compagnie Incidents Mémorables qui développe de nouvelles écritures scéniques en temps réel, et avec lesquels il a notamment créé Huntsville, la honte du monde (Théâtre Molière - Maison de la poésie, 1999), H Manifeste(s), cab@ret politique (TnDB/CDN Dijon Bourgogne, 2000), éleKtropoétiK (première manifestation d'envergure de poésie électronique en France (5) avec une quinzaine d'artistes - poètes, musiciens électroniques, vidéastes - lors des Rendez-vous électroniques au Centre Pompidou & festival Interférences#2-CICV, 2000), Huntsville, l'Ordre du monde #2 (Théâtre Gérard Philipe/CDN de Saint Denis, 2001) & #3 (Avignon Off, 2004), et Espaces indicibles, dont il a assuré la dramaturgie (La Filature, Scène nationale de Mulhouse & Théâtre National de Strasbourg - festival Musica, 2007) après avoir présenté la maquette d'un spectacle de théâtre multimédia Je {me} suis parlé (La Filature, 2006 : projet en cours de production). Avec cette Cie, il a également mené un travail d'exploration des nouvelles écritures scéniques en participant à des workshops internationaux (escale #2_Villette Emergences 2002, escale #4_Le Point Ephémère 2004, escale #8_La Filature, Scène nationale de Mulhouse 2006).
En 2000, il rejoint la revue de création poétique & philosophique EvidenZ, fondée par Mehdi Belhaj Kacem. Suite à des polémiques politiques internes, EvidenZ devient en 2002 une structure de production de « nouvelles textualités » (arts vivants & numériques) dont il est nommé directeur artistique et avec laquelle il conçoit entre autres, met en scène & produit le spectacle de poésie numérique poetiK politiK Koncept en collaboration avec Philippe Boisnard (Théâtre Molière/Maison de la Poésie & Les Rencontres d'été/La Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, 2005), le vidéopoème Des unis vers (2001-2007, DVD, éd. Incidences) puis, en collaboration avec cepSound, l'atelier de création radiophonique Bribes sans-abri diffusé sur France Culture (2009) ainsi que les installations sonores Sécuridrome OGM au festival D'abord les forêts/Opus 2 (2011) & Huntsville, la Honte du monde #4 (2012) lors de l'Opus 3 à la Maison Laurentine.
Certains de ses textes non dramatiques (poèmes & aphorismes) ont été adaptés en chansons par la Cie Leda Atomica (avec des textes de H. Müller & E.M. Cioran) lors du spectacle Oz broyer du rose (festival d'Avignon Off 2004, Marseille 2006), et il est intervenu comme acteur dans le DVD Data_History_X de Philippe Boisnard (2004) et dans le film Le fils de l'éléphant d'Airy Routier (2007).
Il a publié de la poésie, du théâtre, des aphorismes et des entretiens chez divers éditeurs (éd. Bérénice, éd. La passe du vent, éd. du Laquet, éd. Incidences, Sens & Tonka éditeurs), et a participé à diverses anthologies & revues (L’acte de choix positif, Calamar, Edelweiss, Incidences, Talkie-walkie, Poésie 2005, etc.).
Franck Laroze est sociétaire-adjoint de la SACD, membre de la SCAM, boursier du Ministère de la Culture et de la Communication (aides d’encouragement Théâtre et à la création Poésie de la DMDTS, 2000), boursier du Centre National du Livre (aide d’encouragement Théâtre 2004), lauréat de la Fondation Ledig-Rowohlt (Suisse, 2003), et il a bénéficié de l'aide à la publication de l'Association Beaumarchais (2001).
l'activiste politique & culturel
Les nouvelles technologies seront au théâtre du XXIème siècle ce que le projecteur de scène fut au théâtre du XXème siècle: un moyen de renouveler le rapport au jeu d'acteurs, à l'espace, au temps, à la dramaturgie et à la mise en scène; pas de révolution, mais une évolution inéluctable afin que les arts vivants continuent de sonder leur époque et de s'adresser aux spectateurs d'une voix en phase avec leur temps. Un nouvel outil pour les rendre encore et toujours plus vivants.Ses créations, hybridant arts numériques, poésie et théâtre, mêlent politique et métaphysique, soutenues par une « écriture théâtrale entre poésie et liturgie », représentative à la fois des « nouvelles textualités » et de la pratique d'une « écriture de plateau » propres au théâtre postdramatique. Franck Laroze use du détournement post-situationniste et de l'ironie postmoderne, tout en revenant, selon le critique Thomas Hahn, « sur les chemins du théâtre grec car il interroge la cité et les forces qui la régissent dans l'inconscient de la pensée collective et dans la conjonction entre pouvoir et savoir scientifique ».
Imprégnées des violences d'État au XXe siècle, ses œuvres abordent frontalement les lignes de force souterrainement à l'œuvre au sein du monde occidental et les tensions générées par la mondialisation depuis le 11 septembre 2001: retour du religieux & terrorismes d'État, manipulation des opinions publiques, politique de puissance américaine, « nouvel ordre du monde » économique et sécuritaire, étouffement & « désarrois des jeunes générations embarquées dans le mouvement effréné du cyber capitalisme» par la génération du baby-boom, etc. Ses textes et spectacles, en particulier contre la peine de mort aux États-Unis et leur politique étrangère, reflètent cet engagement même si, toujours selon Thomas Hahn, « Laroze se défend d'écrire des textes militants ». Un de ses textes, Les Meutes, lu en 1998 au Carreau - Scène nationale de Forbach, est inspiré des parcours du terroriste Khaled Kelkal et du preneur d’otages Érick Schmitt dit « HB ».
A la croisée de nombre des « disciplines artistiques qui, depuis vingt ans, ont évolué avec le développement des nouvelles technologies » (en particulier le théâtre, l'art contemporain, la littérature, etc.), Franck Laroze intervient fréquemment en dehors du champs artistique pour promouvoir cette hybridation des arts traditionnels avec les arts numériques tout en participant aux réflexions autour des multiples problématiques engendrées par cette mutation. Après avoir adhéré au parti socialiste suite au « choc du 21 avril 2002 », il contribue en 2003 aux travaux du CODEV de la Mairie de Paris sur le thème « L’art numérique : un potentiel non exploité à Paris ». Puis en 2006, dans le cadre des débats sur les DADVSI, il coécrit avec Maître Antoine Gitton, à la demande de la section Culture et du Secrétariat national à la Culture du Parti socialiste, un rapport et des propositions avec amendements intitulés « Pour une solution équitable » défendant une version du droit d’auteur adaptée à l’ère numérique avec notamment la création d'un RNO (Registre Numérique des Œuvres) public (6).
Profondément attaché à l'épopée de la décentralisation dramatique, il s'engage fin 1999 dans l’aventure du « Théâtre citoyen » de Stanislas Nordey au Théâtre Gérard Philipe - Centre dramatique national de Saint Denis, relatée dans l'ouvrage d'entretiens Passions civiles publié sous sa direction, puis anime avec d'autres artistes le « Collectif des Cies du TGP », en tant que secrétaire général chargé notamment des discussion budgétaires avec les tutelles publiques pour préserver le projet du TGP et les créations des 38 compagnies théâtrales programmées lors de la crise financière que traversa cet établissement. En 2009, suite à la nomination contestable de Jean-Marie Besset à la direction du Théâtre des 13 vents/CDN de Montpellier, il coordonne la démarche du Collectif de l'Appel de Montpellier Pour une éthique du théâtre public, contre ce « fait du Prince » du Ministre de la Culture de l'époque Frédéric Mitterrand, qui a pour conséquence l'adoption le 31 août 2010 d'un « Cahier des missions et des charges des Centres dramatiques nationaux » fixant les missions & modalités de nomination de leur directeur.
Sa pratique artistique l'a également conduit à développer un projet de lieu pour le spectacle vivant au 21° siècle, dans la cadre de la décentralisation dramatique, qui soit pleinement en phase avec l'ère des nouvelles technologies: « Pour un théâtre du XXI° siècle ». Il intervient par ailleurs sur des questions de politique culturelle, parfois de façon polémique, dans divers journaux, revues (Libération, Théâtre Public, Mouvement revue) ou sur Internet, ainsi que lors de colloques ou de conférences (Université des Hautes technologies de Dijon, 2000; BPI-Centre Pompidou, 2002; Université d'Arras, 2003; festival Fusion des arts vivants-Nîmes, 2005 ; « sonde 01#08 » (texte sur le site) à La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon/CNES, 2008 ; Forum social à Grenoble, 2006; Théâtre d'Arras, 2010; Conférence Scène 2.0 à Villeurbanne, 2011; etc.).
NOTES
(1 & 3) cf. Thomas Hahn, UBU, Scènes d’Europe – European stages (n°24/25, 2002)
(2) David Sanson, Mouvement.net (2005)
(4) cf. Bruno Tackels, Arts & nouvelles technologies, éd. L’Harmattan, 2007.
(5) voir Dictionnaire Critique des Arts Numériques.
(6) Rappel des faits et commentaires sur les sites:Generation Nouvelles technologies - Ratiatum.com - Neteco - ZDnet.fr - 01net - Destination Cyber.
Ce rapport proposait une version du droit d’auteur adaptée à l’ère numérique, dépassant le clivage entre les options du verrouillage par les DRM (Digital Rights Management) et celle de la licence globale. Une des propositions de ce rapport, le « RNO » (Registre Numérique des Œuvres) fut adoptée le 10 mai 2006 par le Sénat puis abrogée par le Conseil constitutionnel le 27 juillet 2006. D'abord conçues à la demande du Parti socialiste, ces préconisations furent ensuite prônées de manière autonome, les députés socialistes ayant opté pour l'option de la licence globale à l'Assemblée nationale.
(1 & 3) cf. Thomas Hahn, UBU, Scènes d’Europe – European stages (n°24/25, 2002)
(2) David Sanson, Mouvement.net (2005)
(4) cf. Bruno Tackels, Arts & nouvelles technologies, éd. L’Harmattan, 2007.
(5) voir Dictionnaire Critique des Arts Numériques.
(6) Rappel des faits et commentaires sur les sites:Generation Nouvelles technologies - Ratiatum.com - Neteco - ZDnet.fr - 01net - Destination Cyber.
Ce rapport proposait une version du droit d’auteur adaptée à l’ère numérique, dépassant le clivage entre les options du verrouillage par les DRM (Digital Rights Management) et celle de la licence globale. Une des propositions de ce rapport, le « RNO » (Registre Numérique des Œuvres) fut adoptée le 10 mai 2006 par le Sénat puis abrogée par le Conseil constitutionnel le 27 juillet 2006. D'abord conçues à la demande du Parti socialiste, ces préconisations furent ensuite prônées de manière autonome, les députés socialistes ayant opté pour l'option de la licence globale à l'Assemblée nationale.
Maison Laurentine/festival D'abord les forêts, 3.7.2011
